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L’agriculture arménienne : progrès et défis (I)

Sous ce titre général nous consacrerons une série d’articles à l’agriculture qui représente un secteur stratégique pour l’Arménie. A partir de l’évolution et des résultats de la première moitié de 2015, nous essayerons de dégager les progrès accomplis mais aussi les difficultés à surmonter.

Après une première partie consacrée à quelques aspects macroéconomiques et   financiers nous présenterons l’évolution de différents domaines de l’agriculture : production de blé et de graines, récoltes et exportations de fruits et légumes avec une mention spéciale au secteur vinicole, produits agricoles transformés, élevage, sécurité alimentaire, coopération internationale,…

Première partie : Les aspects macroéconomiques et financiers

I- Les progrès accomplis au 1er semestre 2015
Globalement le Produit Agricole Brut (PAB) a progressé de 14,5% durant la période sous étude. Si les conditions météorologiques favorables ont joué un rôle important dans cette performance, les encouragements de l’Etat et les investissements ont eu aussi un rôle non négligeable.

La production mensuelle a progressé de plus en plus fortement par rapport aux mêmes mois de l’année précédente mais aussi d’un mois à l’autre quelque soit la saison. Le taux négatif du mois de janvier s’explique par le nombre élevé des jours fériés à l’occasion des fêtes annuelles.

Ainsi donc, contrairement à l’année dernière, le six premiers mois de 2015 ont été très favorables à l’agriculture avec des récoltes abondantes. Voici quelques faits qui illustrent le dynamisme du secteur et l’intérêt des investisseurs.

II- Le dynamise du secteur
Il se manifeste dans différents domaines : lutter contre la désertification, utilisation d’engrais, formation, création de marchés agricoles.

– En 2014, les programmes du gouvernement pour le soutien à l’agriculture avaient  contribué à augmenter les terres arables d’environ 17 000 hectares et globalement sur les
447 mille hectares de terres arables 350 mille avaient été exploités.

Cette effort se poursuivra cette année encore puisqu’un programme d’amélioration des terres dégradées de la vallée de l’Ararat et des régions de Syunik et de Vayots Dzor va être lancé à partir de septembre. Le but est de lutter contre la désertification de 1 500 hectares de terres de ces régions.

Autrefois agricoles ces terres ont perdu leur fertilité en raison de la salinisation, la destruction du système de drainage et le surpâturage.

– Quelque 50.000 tonnes d’engrais ont été importées depuis le début de cette année : 35 300 tonnes d’engrais azoté, 3 100 tonnes de phosphore et 1 600 tonnes d’engrais de potasse ainsi que 14,3 millions de litres de diesel ;  leur distribution est en cours.

– Formation des cadres de l’agriculture. Début 2015, la compagnie « Virginia Tech » a remporté un contrat fédéral $ 2,5 millions pour aider l’Arménie à améliorer la compétitivité des futurs cadres appelé à assurer un rôle de leadership dans le secteur de l’alimentation.

Ce programme de cinq ans est financé par l’Agence américaine pour le développement international.

– Création d’un deuxième marché agricole en pleine air à Erévan, près du parc Mashtots.  Il permettra aux agriculteurs de vendre leurs produits directement aux consommateurs.
Selon le ministère de l’agriculture les marchés ont attirés l’an dernier environ 5 520 agriculteurs.

III- L’intérêt des donateurs et investisseurs
Cet intérêt se manifeste aussi bien au niveau de l’Etat, du secteur privé que des partenaires étrangers.

– Les prêts agricoles à taux d’intérêt préférentiels. En vertu d’une décision de 2011 du gouvernement, les agriculteurs sont admissibles aux prêts agricoles préférentiels au taux d’intérêt de 14%, dont 4% subventionnés par l’Etat (6% dans les villages frontaliers). L’an dernier, cette dernière disposition a été généralisée à l’ensemble du pays, indépendamment de l’emplacement de l’exploitation.

En 2015, le gouvernement a décidé de libérer 10 milliards de dram (AMD) supplémentaires à cette fin soit 21 millions de dollars (m USD). Ce  montant sera alloué à la Banque Centrale qui distribuera aux agriculteurs via les banques commerciales.

Le montant moyen des prêts est de 625 000 AMD (1 300 USD) avec un délai de grâce de 6 mois et une échéance deux ans.

En 2014, environ 80.000 exploitations agricoles avaient bénéficié de ces prêts d’une valeur globale de 66 milliards AMD (139 m USD). Ces subventions  de l’Etat allègent significativement le fardeau financier des agriculteurs.

– Les prêts internationaux pour le développement rural
Le gouvernement arménien va lancer un programme de modernisation des infrastructures agricoles dans  sept communautés de la province du Shirak. D’un coût total de 52,8 millions USD, il sera mis en œuvre en coopération avec  le Fonds International de Développement Agricole (FIDA).

Il sera cofinancé par le FIDA (11 m USD), le Fonds de l’OPEP pour le développement international OFID (25 m USD) et le gouvernement arménien (10,1 m USD). Le reste proviendra d’autres donateurs bilatéraux et d’institutions nationales.

Le programme ciblera plus de 66 000 bénéficiaires, avec un accent particulier sur les ménages dirigés par des femmes qui sont maintenant plus nombreuses que les hommes car les jeunes quittent de plus en plus les zones rurales vers les zones urbaines ou l’étranger à la recherche d’emplois.

Les sept provinces couvertes (Lori, Tavush, Gegharqunik, Vajots Dzor, Sjunik et Aragatsotn) sont des régions où l’incidence de la pauvreté rurale est la plus forte mais qui ont aussi un potentiel agricole élevé pour sortir les bénéficiaires de la pauvreté.

Depuis 1995, le FIDA a investi en Arménie un total de 78,2 m USD dans six programmes et projets qui ont profité à environ 394 000 ménages ruraux.

– Financements de serres
Ces dernières années, le jardinage, l’élevage de poissons et  les serres ont grandement contribué à la croissance agricole Ainsi, deux financements bancaires importants de serres ont eu lieu durant le premier semestre de cette année.

Le cofinancement VTB Bank Armenia – Ameriabank près du village de Shahumyan pour la construction de l’une des serres les plus importantes du pays ; elle est située sur un terrain de 30 hectares et équipée des technologies les plus modernes. Une partie importante des produits cultivés sera exportée vers la Russie. La société a déjà embauché 70 salariés locaux.
Le financement par Ameriabank d’une serre de 10,5 ha dans le village de Goght (Kotayk). Ce projet est initié par la société « Armenian Harvest ». La production de fruits et de légumes sera exportée en totalité vers la Russie.  La société embauchera 300 salariés.

Jusqu’à présent,  les prêts d’Ameriabank destinés à la construction et à l’aménagement des  serres représentent 40 m $, soit le portefeuille le plus élevé du système bancaire arménien.
– La Russie pour sa part financera un programme agricole dans la région du Tavush dans le cadre d’un Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). L’apport de 5 m USD sera utilisé pour financer des projets dans 45 communautés rurales de la région ; on peut citer la construction de 4 stations de machines agricoles, d’environ 90 serres et la plantation de  120 hectares de nouveaux vergers et de vignobles.

Une partie du montant servira également à accroître le rendement des cultures de fruits et à créer 30 petites entreprises modernes pour la production de fruits secs, de fromages, de conserves et de vin.

Ces quelques exemples montrent que l’agriculture n’a pas manqué de dynamisme durant les six premiers mois de l’année et que les projets rentables trouvent toujours des financements.

La prochaine chronique portera sur la production de blé et les récoltes et  exportations de fruits et de légumes.

Gérard Achdjian
APRICOT Group
Mise en relations d’affaires avec l’Arménie
www.apricotgroup.eu

Pour des informations détaillées sur l’économie de l’Arménie, veuillez consulter le site
www.gab-ibn.com