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Décembre 2016 – L’économie de l’Arménie au 1er semestre 2016 : difficultés et défis

Nous publions aujourd’hui la quatrième et dernière partie de notre série consacrée à l’évolution de l’économie arménienne depuis le début de l’année. Après le secteur réel, l’évolution du budget et la situation du secteur bancaire elle fait le point sur les relations commerciales de l’Arménie.

Quatrième partie
Les relations commerciales : situation actuelle et perspectives de développement
Nous présenterons l’évolution du commerce extérieur d’abord selon les partenaires puis selon les groupes de produits échangés. Nous analyserons ensuite les spécificités des relations avec l’Iran et la Russie.

I-    L’évolution des échanges selon les pays partenaires
La structure générale du commerce extérieur s’est modifiée quelque peu durant les 9 premiers mois de cette année par rapport à la même période de 2015. La part des exportations vers la Russie a fortement progressé de 15,6% à 20,2% par rapport au total des échanges ; en conséquence celle des pays de la CEI a augmenté aussi de 18,4% à 22,2%. L’importance des importations n’a pas beaucoup varié.

Parallèlement la part des exportations vers l’Union Européenne (UE) et le groupe « Autres pays » a baissé respectivement de 28% à 26,7% et de 53,6% à 51%.
– Ainsi, la Russie reste le premier partenaire commercial de l’Arménie (20,2% des exportations et 29,5% des importations).
– l’Allemagne est le premier partenaire dans l’UE (7,5% du total des exportations et 5,8% des importations). Les exportations sont principalement des produits miniers et des matières premières, les importations sont surtout des machines et des voitures.
– La Bulgarie occupe la deuxième place en Europe ; les exportations vers ce pays ont fortement progressé en 2016 (principalement des produits miniers) et représentent 8,8% de l’ensemble contre 5,2% en 2015. Les importations sont faibles.
– Ces pays sont suivis par la Belgique, l’Italie et les Pays-Bas.
– Dans le groupe « Autres pays », la Chine vient en tête même si les exportations vers ce pays ont été réduites presque de moitié entre janvier et septembre 2016. Mais les importations provenant de Chine ont représenté presque 11% de l’ensemble.
Par ailleurs, l’Arménie a reçu le statut de « partenaire de dialogue » à l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) (*).
– Les autres pays importants pour les exportations sont le Canada, la Géorgie, l’Iraq et l’Iran et en termes d’importations l’Iran, la Turquie et la Géorgie.

Structure du commerce extérieur de l’Arménie selon les principaux partenaires (%*)
(janvier-septembre 2015/2016)

Exportations Importations
  2015 2016 2015 2016
CEI 18,4 22,2 33,7 33,7
dont        
Russie 15,6 20,2 28,9 29,5
Union Européenne 28,0 26,7 23,8 23,0
dont        
Allemagne 9,5 7,5 6,0 5,8
Belgique 3,2 2,2 1,5 1,7
Bulgarie 5,2 8,8 0,8 1,2
Italie 2,3 1,9 4,6 4,1
Pays-Bas 3,5 3,0 0,9 0,9
Autres Pays 53,6 51,0 42,5 43,3
dont        
Canada 7,4 8,0 0,5 0,3
Chine 12,3 5,3 8,8 10,7
Géorgie 8,0 8,5 2,2 3,3
Iraq 8,2 7,8 0,1 0,0
Iran 5,6 4,4 6,3 5,3
Suisse 3,0 4,1 1,6 1,3
Turquie 0,1 0,0 4,2 4,5
Etats-Unis 3,9 2,2 3,2 2,5
Totaux m USD 1 082 1 294 2 314 2 294

* % par rapport aux exportations ou importations totales de la période

II – L’évolution des échanges selon les groupes de produits échangés

Les groupes de produits exportés et importés retenus dans cette étude sont ceux dont la valeur totale est supérieure à 100 m USD pour les 9 premiers mois de 2016, sauf pour les exportations du groupe « produits textiles » qui, bien que plus faibles, ont progressé de 47%.

Selon ce critère cinq groupes d’exportation et dix groupes d’importations peuvent être retenus (voir tableau xx).

La valeur totale des cinq groupes d’exportation retenus représente 81,5% de l’ensemble. Ce sont les « produits alimentaires finis », les « produits minéraux », les « produits textiles », les « pierres et métaux précieux et semi-précieux » et les « métaux non précieux ».

Une diversification de la production et des exportations paraît donc indispensable pour rendre l’économie plus viable.

Le total des 10 groupes d’importation retenus représente 78,9% du total. Ici la diversification est bien plus grande. Ce sont des produits alimentaires et à base de plantes, des produits minéraux, des produits chimiques et des matières plastiques, des machines, matériels et installations ainsi que des pierres et métaux précieux.

Les principaux groupes de produits importés et exportés
(janvier-septembre 2015/2016)

Groupe de produits Exportations(m USD) Importations(m USD)
2015 2016 2015 2016
Produits d’origine végétale 133 109
Produits alimentaires finis 222 283 219 247
Produits minéraux 358 341 455 408
Produits chimiques et ind. connexes 219 241
Produits et ouvrages en caoutchouc 101 93
Produits textiles 49 72 123 159
Pierres précieuses et semi-précieuses, métaux et objets précieux 141 268 82 109
Métaux non précieux et ouvrages 173 158 196 155
Machines, installations et matériel 293 321
Moyens de transport 137 113
Totaux des principaux groupes 894 1 050 1 958 1 811
Totaux de la période 1 082 1 293 2 313 2 295
Principaux groupes / total général 82,6% 81,2% 84,7% 78,9%

III-    Perspectives de développements des relations avec l’Iran.
Le chiffre d’affaires des échanges arméno-iraniens s’élève aujourd’hui à environ 340 m USD, mais si des initiatives courageuses sont prises et les investissements nécessaires sont réalisés le commerce bilatéral pourrait être porté à plusieurs milliards USD avec des conséquences très positives sur l’économie arménienne.

Plusieurs domaines de coopération bilatérale peuvent être envisagés et ne demandent qu’à se développer.  On peut citer :

– la création d’une zone de libre-échange à la frontière entre Meghri (en Arménie) et Julfa (en Iran).
– l’augmentation des exportations de gaz naturel vers l’Arménie de 1 million de mètres cubes par jour (mcm / j) actuellement à 3 millions mcm / j au cours des prochaines années.
– l’échange d’énergie électrique. Des travaux sont en cours pour connecter les réseaux d’Arménie, de Géorgie, d’Iran et de Russie ; il est prévu de créer un « couloir énergétique » en 2019. L’Iran pourrait aussi investir dans la construction de parcs éoliens en Arménie.
– le domaine des transports est un autre axe important de coopération bilatérale.
– l’Iran est aussi très intéressé par la construction d’abattoirs et d’autres infrastructures industrielles en Arménie ainsi que par la coopération bilatérale dans les domaines des assurances et de la banque.

IV-    Perspectives de développements des relations avec la Russie.
Même si la Russie est le premier partenaire commercial, les exportateurs arméniens font face à certaines difficultés sur le marché russe.
– Ainsi, la forte dépréciation du rouble pénalise fortement les produits agroalimentaires.
– Par ailleurs, les réseaux de distribution russes préfèrent souvent les productions locales aux produits étrangers.
– Enfin il ne faut pas oublier l’absence de frontière commune ; les difficultés de transport sont souvent problématiques et augmentent les coûts.
Malgré ces obstacles les produits arméniens sont arrivés jusqu’à présent à se maintenir sur ce marché : les fruits et légumes d’Arménie sont très appréciées et les exportations de fromages ont explosé au premier semestre (3 300 tonnes vendus au premier semestre de cette année).

Cependant pour certains observateurs les possibilités d’exportation restent limitées ; elles peuvent même avoir déjà atteint un plafond. Par ailleurs, comme noté plus haut, le nombre de produits exportés est faible : du brandy, de l’eau, des fruits et légumes frais et en conserve.

La décision de la Russie de rétablir ses relations commerciales avec la Turquie est un autre sujet d’inquiétude pour les exportateurs arméniens ; les sanctions russes contre la Turquie leur avaient été bénéfiques et leur avaient permis de gagner une petite niche sur le marché russe.

Mais il faut se rendre à l’évidence : les économies arménienne et turque n’ont pas le même potentiel. Le PIB de la Turquie est 70 fois plus élevé que celui de l’Arménie et, en 2015, la Turquie a exporté vers la Russie des fruits d’une valeur des 600 m USD et des légumes pour 336 m USD alors que l’Arménie n’en a exporté que pour 16 m et 17 m USD respectivement.
Ces constatations nous amènent à la conclusion maintes fois évoquée dans ces colonnes : le développement vigoureux de l’économie arménienne a besoin de diversification aussi bien des pays partenaires (en Europe, Asie…) que des produits exportés. Parallèlement à l’agroalimentaire et les nouvelles technologies, le développement de l’industrie légère parait être plus que jamais indispensable.

(*) OCS a été créé en 2001 par la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan. 

Gérard Achdjian
APRICOT Group
Mise en relations d’affaires avec l’Arménie
www.apricotgroup.eu
Pour des informations détaillées sur l’économie de l’Arménie, veuillez consulter le site www.gab-ibn.com