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L’économie de l’Arménie au 1er semestre 2016 : difficultés et défis

Nous commençons, à partir de ce numéro, une série de chroniques consacrées à l’évolution économique de l’Arménie depuis le début de l’année 2016. Elles seront consacrées successivement à l’économie réelle, au budget et à la nouvelle loi fiscale en discussion, au secteur bancaire, au commerce extérieur et au marché du travail. Pour terminer nous analyserons la structure de l’économie arménienne et aborderons le problème des réformes souvent annoncées et non réalisées.

1ère partie : le secteur réel à la fin de 2015 et au 1er semestre 2016
L’année 2015 avait été marquée par l’adhésion de l’Arménie à l’Union Economique Eurasiatique (UEE) (1) et la reprise des négociations avec l’Union Européenne (UE) interrompues en 2013.

L’adhésion à l’UEE s’est faite dans un contexte de tension extrême entre l’Ouest et la Russie ; elle n’a pas eu jusqu’à présent les effets escomptés pour des raisons aussi bien structurelles et que conjoncturelles.

Les négociations Arménie-UE seraient aujourd’hui dans leur phase finale et un accord serait à porter de main. Il reprendrait de nombreuses dispositions du texte d’il y a trois ans alors que les différences concerneraient surtout le commerce et les investissements.
Il semble que l’UE ait abandonné l’approche « soit l’un, soit l’autre » pour le schéma « et l’un, et l’autre » (2).  De même, la position de la Russie semble avoir évolué ; elle n’aurait plus aucune objection.

Année 2015 1er semestre 2016*
Montantsm USD Variations% Montantsm USD Variations%
PIB 10 408 3,0% +4,4%
PIB par tête (USD) 3 504
Indice de l’activité éco. +3,1% +4,8%
Industrie 2 776,8 +5,2% 1 363,3 +8,9%
Produit Agricole Brut 2 097,1 +11,7% 525,5 +3,3%
Construction 956,6 +0,3% 258,5 -7,8%
Chiffre d’affaire commerce 4 775,4 -8,0% 2 011,9 -0,3%
Services (autre commerce) 2 487,7 +2,7% 1 196,9 +8,3%
Indices des prix         – à la consommation

– des produits industriels

+3,7%-0,8% -1,5%

-2,4%

Production d’électricité 7 798,2 +0,6% 3 606,2 -4,9%
Salaire mensuel moyen 386 +7,7% 380 +3,0%
         
Commerce extérieur
Exportations 1 486,9 -3,9% 815,0 +16,7%
Importations 3 254,0 -26,5% 1 457,5 -3,7%
Taux de change moyen 1 USD = 477,92 AMD 1         USD = 483,86 AMD

* Par rapport au 1er trimestre 2015

I – La situation difficile de 2015
En raison de la crise mondiale et de la situation en Russie l ‘indice d’activité économique n’avait progressé que de 3,0% en 2015 au lieu de 4,1% en 2014 et 7,2% en 2012.
Les chefs d’entreprises étaient restés dans l’expectative tout au long de l’année en attendant un éclaircissement de la situation après l’intégration de l’Arménie à l’UEE ; parallèlement la baisse des transferts des expatriés économiques arméniens avait entrainé le recul de la demande interne.

Il faut aussi ajouter des raisons plus « internes » telles que :
– le niveau élevé du chômage, l’émigration et la baisse du pouvoir d’achat de la population,
– sans oublier les comportements monopolistiques et oligarchiques des élites économiques et politiques d’ailleurs souvent liées et qui donnent lieu à une profonde méfiance de la population envers elles.

II – Le mieux aller relatif au 1er semestre de 2016
Les six premiers mois de l’année en cours ont été marqués par une reprise relative de l’activité puisque son indice a progressé de 4,8 %. Plusieurs raisons sont à l’origine de cette évolution principalement dans l’industrie, l’agriculture et les services.
a- L’industrie a progressé de 8,9% (au lieu de 5,2% en 2015). C’est le résultat du lancement récent de l’exploitation minière à ciel ouvert de Teghut, dans la province septentrionale de Lori, où un dépôt important de cuivre et de molybdène a été récemment découvert (3).

b- Selon les statistiques  la progression de l’agriculture (4) a été relativement modeste : +3,3% contre 11,7% en 2015. Il faut cependant remarquer que la production agricole s’intensifie surtout à partir du mois de juin.

Mais, des résultats plus qu’encourageant ont été enregistrés dans le secteur : par exemple, l’importante progression de la demande de fruits et légumes par les entreprises de transformation du pays mais aussi sur les marchés étrangers (spécialement la Russie).

Ainsi les exportations de produits agricoles ont atteint 50 m USD au 1er semestre (+40% par rapport à la même période de 2015) avec 85 000 tonnes de produits frais (+71%).  De même les exportations de conserves et de boissons (alcoolisés ou non) ont bondi de plus de 40% à 180 m USD.  On prévoit que les volumes d’achat par les entreprises de transformation seront supérieurs de 35% par rapport à l’année dernière et pourront atteindre 98 000 tonnes (surtout les tomates).

Ainsi les exportations de produits agricoles ont atteint 50 m USD au 1er semestre (+40% par rapport à la même période de 2015) avec 85 000 tonnes de produits frais (+71%).  De même les exportations de conserves et de boissons (alcoolisés ou non) ont bondi de plus de 40% à 180 m USD.  On prévoit que les volumes d’achat par les entreprises de transformation seront supérieurs de 35% par rapport à l’année dernière et pourront atteindre 98 000 tonnes (surtout les tomates).

On sait que les exportations arméniennes vers la Russie avaient chuté de 27% en 2015 en raison de la forte dépréciation du rouble. Mais l’évolution inverse du début de 2016 a influencé favorablement les revenus des exportateurs arméniens.
Ceux-ci semblent aussi profiter de l’adhésion de l’Arménie à l’UEE et du blocus exercé par l’Occident sur les importations de produits alimentaires de la Russie en provenance d’Europe.

Cependant des problèmes persistent en particulier les mécontentements des paysans et agriculteurs qui protestent contre des prix bas et des retards de paiements.

c- La valeur des services a augmenté de 8,4% à 1,220 m USD. Les plus importants sont les « activités financières et d’assurance » (20% de la valeur totale des services) ainsi que les postes « culture, spectacles, et loisirs » (19%), « Transport » (18%) et « Information et communications » (13%).
Depuis plusieurs années le poste « culture, spectacles et loisirs » augmente très rapidement. Il a été multiplié par 2,8 entre 2012 et 2015. Au premier trimestre 2016 il a représenté plus de 40 % de leur valeur totale des services.

Par ailleurs, les « services à la personne » ont représenté un chiffre d’affaires de 1,2 m USD. Ici c’est le poste « salons de coiffure et de beauté » qui est le plus important et représente 80% du total.

III-    Conditions pour assurer la croissance et le bien-être de la population ?
L’amélioration de la situation ne pourra se poursuivre sur des bases solides qu’à un certain nombre de conditions essentielles :

– La plus importante est la reconquête de la confiance de la population vis-à-vis des autorités ainsi que l’amélioration de l’image du pays à l’internationale. C’est un processus long qui demande beaucoup d’effort.
Le soutien aux PME paraît aussi indispensable. Avant 2014, ils représentaient 43% du PIB et 5 à 6 % des recettes fiscales.

Selon l’Union des employeurs d’Arménie, il y avait environ 70 000 PME en 2014 dont 13500 ont été fermées jusqu’à ce jour malgré les efforts des responsables. Si cette tendance se poursuit, on estime que dans les 2 ou 3 prochaines années, quelques 40 000 autres cesseront leurs activités.

Un espoir cependant puisque récemment « l’Agence nationale pour la promotion des PME » a présenté une demande pour intégrer l’Association européenne de l’artisanat et des PME.
Il faut espérer que cette initiative contribuera au développement de la coopération entre les hommes d’affaires arméniens et européens et au développement économique du pays.

– Il ne faut pas oublier que l’Arménie a un potentiel économique énorme surtout dans les domaines du tourisme, de l’agriculture et des technologies de l’information (TI) ; ces secteurs devraient bénéficier de l’attention particulière des responsables sans négliger le reste.
La chronique suivante de cette série portera sur l’évolution du budget et la nouvelle loi fiscale en discussion.

1- UEE L’Union Economique Eurasiatique (UEE) est composée des pays suivant : l’Arménie, la Bélarusse, le Kazakhstan, le Kirghizstan sous l’égide de la Russie.
2- Le schéma « soit l’un, soit l’autre » signifie que si l’Arménie fait partie de l’UEE, elle ne peut pas avoir de relations privilégiées avec l’UE. Le schéma « et l’un, et l’autre » signifie que cela est passible.
3-Quelques éléments sur l’évolution, la structure et les perspectives de l’industrie sont présentés dans France -Arménie N° 428 de mars 2016.
4- Pour une présentation plus approfondie de l’agriculture voir les N° 422 à 425 de France-Arménie  

Gérard Achdjian
APRICOT Group
Mise en relations d’affaires avec l’Arménie
www.apricotgroup.eu
Pour des informations détaillées sur l’économie de l’Arménie, veuillez consulter le site www.gab-ibn.com

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