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Les Technologies de l’Information, un secteur-clé

Domaine privilégié en Arménie, les Technologies de l’Information (TI) représentent l’un des secteurs les plus dynamiques et prometteurs de l’économie.

Les années 90 : la refonte
Au début des années 90, la disparition des structures soviétiques traditionnelles (complexes militaro-industriels, géants de l’industrie) et la généralisation des ordinateurs personnels ont réorienté les recherches et les spécialisations de manière à satisfaire de nouveaux types de clients, le plus souvent privés. La Diaspora a joué un rôle important dans ce processus, en étant à l’origine de nombreuses créations de succursales d’entreprises étrangères, principalement américaines.

A la fin des années 1990, ce secteur a reçu une nouvelle impulsion avec les premiers succès des entreprises nouvellement établies, la reprise générale de l’économie et la croissance sans précédent de l’industrie des TI dans le monde. Le savoir-faire arménien a attiré l’attention d’un grand nombre d’investisseurs et de professionnels, les emplois ont été de mieux en mieux rémunérés et la jeune génération a été encouragée à poursuivre des carrières dans ces domaines.

Durant l’année 2000, le gouvernement a déclaré le secteur des TI prioritaire pour l’économie arménienne, et des structures professionnelles ont été créées comme l’Enterprise Incubator Foundation (EIF), qui encourage la création de nouvelles entreprises High Tech ainsi que l’Union des Entreprises des Technologies de l’Information (UITE), groupement qui oeuvre à la défense des intérêts de la profession.

Les années 2000 : un développement rapide
L’arrivée des entreprises américaines a continué avec l’installation de Synopsys, leader mondial dans le domaine de la conception de puces. Elle est actuellement la plus grande société de logiciels en Arménie, avec plus de 530 professionnels sur 6 000 dans le monde (9%), et concentre 10% des activités mondiales de recherche du groupe. Son centre de formation est actif depuis 2001 et a formé des centaines d’ingénieurs hautement qualifiés.

On mentionnera également :
– National Instruments avec son bureau d’ingénierie et un laboratoire spécialisé dans l’éducation ;

– le Centre de formation arméno-indien : Center for Development of Advanced Computing (C-DAC) ;

– le Centre de recherche informatique de D-Link’s à Gumri ;

– le Centre d’innovation Microsoft, depuis mai 2011, à Erévan, classé parmi les quatre meilleurs centres au monde.

En 2007, Sun Microsystems et l’EIF ont lancé un projet commun en vue de créer des laboratoires de formation dans plusieurs grandes universités arméniennes.

La situation actuelle
Caractéristiques du secteur. Les 400 entreprises du secteur ont réalisé l’an dernier un produit net de 380 millions USD, soit 3,8% du PIB. Le taux de progression annuelle moyenne du secteur est de 22%.

D’ores et déjà, la pénurie de main-d’œuvre spécialisée se fait sentir, et le secteur aurait besoin d’un millier de spécialistes supplémentaires chaque année.
Le secteur est très féminisé, avec souvent plus de 40% de femmes dans les entreprises, et de nombreuses sociétés nouvellement créées sont dirigées par des femmes.

Les principales spécialisations des entreprises de TI arméniennes sont le développement de logiciels, l’externalisation, la conception de puces, les services internet, les systèmes de communication et de mise en réseau, le e-commerce, les logiciels de gestion financière, le conseil informatique et d’autres services.

Deux manifestations importantes ont lieu chaque année, début octobre, dans ce domaine :
– l’exposition DigiTech à laquelle ont participé 150 sociétés arméniennes et étrangères en 2013 (25 000 visiteurs) ;

– le congrès ArmTech avec la présence de près de 200 participants et des représentants des plus grandes entreprises mondiales.

Parmi les business stories de ces dernières années, on peut citer :
a) ArmTab, la première tablette réalisée en Arménie, commercialisée à 180 dollars, qui verra sa production passer de 10 000 à 50 000 unités en trois ans ;

b) le lancement en 2011 de PicsArt, logiciel de retouche et de partage de photos et de vidéos, disponible sur les plates-formes mobiles (Android). L’application a été téléchargée 35 millions de fois et le site de la société est visité deux millions de fois quotidiennement. PicsArt est une start-up qui emploie 25 spécialistes en Arménie et 6 en Californie ;

c) le démarrage prochain d’une plate-forme vocale de présentation, Voiceboard, conçue comme une alternative au logiciel Powerpoint, omniprésent ;

d) l’accord intervenu récemment entre Ucom, le 4e opérateur internet d’Arménie, et la Géorgie, afin de permettre à ce pays d’utiliser le réseau de fibre optique de la société pour fournir un accès internet à l’Iran. L’Arménie devient ainsi un pays de transit pour les communications internet. Un trafic de 40 Go est prévu.

L’Etat face aux obstacles
Malgré ces succès, des obstacles à un développement plus rapide du secteur apparaissent aujourd’hui. L’environnement non-concurrentiel des affaires est un problème majeur, comme dans les autres domaines de l’économie : lorsque la concurrence fait défaut, les entrepreneurs ne sont pas intéressés par la modernisation. L’émigration chaque année de 5% des ingénieurs informaticiens (soit 500 personnes) est un autre frein : ces jeunes sont à la recherche d’emplois mieux rémunérés et de meilleures opportunités de carrière. En troisième lieu, il faut rappeler le niveau insuffisant de l’enseignement dans les universités et instituts d’Etat. Les diplômés de ces institutions publiques ont souvent besoin d’une formation ciblée pour rejoindre les entreprises.

Face à ces difficultés et à l’émergence des start-ups, le gouvernement a intensifié ses efforts : il collabore avec des sociétés internationales pour créer des centres d’assistance aux entreprises, un technoparc a commencé à fonctionner à Gumri et un fonds capital-risque de six millions de dollars a été lancé début 2014 en collaboration avec des investisseurs privés. Au Parlement, l’adoption d’allègements fiscaux est en cours pour les nouvelles entreprises de moins de 15 salariés : on prévoit notamment une exemption de 20% sur l’impôt des sociétés pour une durée de trois ans.

En conséquence de ces mesures, le gouvernement anticipe la création de 40 à 60 start-ups informatiques par an.

Il faut espérer que ces mesures permettront de stimuler encore plus ce secteur-clé de l’économie arménienne et de le maintenir sur son sentier de croissance enviable et exemplaire.

Gérard Achdjian
APRICOT Group
Mise en relations d’affaires avec l’Arménie  
www.apricotgroup.eu

Pour des informations détaillées sur l’économie de l’Arménie, veuillez consulter le site
www.gab-ibn.com