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La Géorgie, « voisin stratégique » de l’Arménie

Si la Russie est le « partenaire stratégique » de l’Arménie, la Géorgie est son « voisin stratégique » ; 70% de son commerce extérieur transite par le territoire de ce pays. Pour les autorités géorgiennes l’Arménie est un « partenaire proche »

Cependant, malgré les relations cordiales au niveau officiel il existe entre les 2 pays des points épineux difficiles à aplanir. En particulier la situation de la province géorgienne de Javakhk et les incompréhensions dans les rapports entre les deux églises nationales.
Selon les ministres des Affaires Etrangères « il n’y a pas de désaccords qui ne puissent être résolus par des négociations ; les deux pays continueront à maintenir les relations qui existent actuellement et qui n’ont jamais été aussi bonnes ».

Cependant, malgré ces dispositions bienveillantes réciproques des autorités, et selon une enquête récente, 28,1% des Géorgiens considéreraient l’Arménie comme un pays ennemi, après la Russie (94,4%) et le Belarus (33,7%).

La Géorgie, pays de transit pour l’Arménie
Les exportations et importations de l’Arménie vers l’Europe utilisent les ports géorgiens de la mer Noire alors que le commerce avec la Russie se fait par le col de « Lars Supérieur » à la frontière russo-géorgienne ; c’est le seul point de passage terrestre direct entre l’Arménie et la Russie via la Géorgie.

Pour cette raison, les difficultés de l’Arménie sont exacerbées lorsque les relations se dégradent entre son voisin et son partenaire, tous deux « stratégiques » pour elle.
a- Ainsi le conflit d’août 2008 entre la Russie et la Géorgie a eu des conséquences directes très néfastes sur l’économie arménienne. Les pertes enregistrées ont été estimées entre 680 et 700 millions USD, soit le quart environ du budget de l’Etat arménien à cette époque.
C’est dans la foulée de cette guerre qu’il a été décidé de construire une nouvelle autoroute reliant Yerevan à Batoumi par le sud de la Géorgie. Un tel itinéraire est dans l’intérêt des 2 pays :

– pour la Géorgie, parce qu’il passe par le sud du pays, loin de la frontière avec l’Ossétie du Sud sous influence Russe ; c’est donc une voie plus sécurisée.
– pour l’Arménie, parce qu’elle réduit la distance de 30% par rapport à l’autoroute actuellement utilisée via Tbilissi, soit un temps de parcours de 5-6 heures pour les camions au lieu de 10-12 heures.
Un consortium avec la participation des deux pays a été rapidement créé  pour mener à bien ce projet et la Banque de Développement Asiatique a donné son accord pour le financer.

b- Par ailleurs, lorsque les relations entre la Géorgie et la Russie se dégradent le poste de contrôle de « Lars Supérieur » risque de fermer.  Ce passage peut aussi devenir impraticable en hiver en raison des intempéries et de la neige.

C’est au cours de l’année 2010 qu’il a été rouvert à la circulation après de longues négociations. Pour l’Arménie, le coût de transport des marchandises est 20 à 25% moins cher lorsque les camions empruntent cet itinéraire.

c- La Géorgie est aussi un pays de transit pour le gaz russe, puisque le gazoduc qui dessert l’Arménie traverse le territoire géorgien. Un projet de vente partielle de ce  gazoduc a été évoqué il y a quelques temps, l’Etat géorgien restant l’actionnaire majoritaire.

d- Par ailleurs, la compagnie des chemins de fer du Sud Caucase a commencé un service de transport rapide entre Erevan et les ports géorgiens de Poti et de Batoumi. Plusieurs milliers de containers sont ainsi transportés chaque mois.

De plus, depuis 2006, la voie ferrée Erevan – Batoumi est activée durant la saison estivale pour permettre à des centaines de milliers d’Arméniens d’aller passer leurs vacances d’été dans les centres de villégiature de la Mer Noire.

Pour mémoire, en 2011, sur les 2 280 000 touristes ayant visités la Géorgie 700 000 étaient Arméniens. De même, plus du tiers des touristes qui visitent la région d’Adjarie sont Arméniens

La Commission de coopération économique intergouvernementale arméno-géorgienne.
Elle se réunit périodiquement sous la présidence des Premiers Ministres. Parallèlement  des forums économiques sont organisés avec la participation d’hommes d’affaires, de ministres et parfois des Présidents de la République. Les visites réciproques des autorités sont aussi fréquentes.

Lors de ces contacts les sujets d’intérêts réciproques sont discutés et donnent lieu à la signature d’accords. Voici quelques exemples de thèmes de discussion et d’accords.

– Accord de coopération entre les ministères des Affaires Etrangères
– Accord de coopération entre le ministère géorgien de l’intérieur et le Conseil National de – –
– Programme de coopération militaire : échange d’expériences, politiques de défense, gestion de ressources, formation, etc.
– Construction de la route Djavakhk-Batoumi qui fait partie de l’autoroute Nord-Sud. Un groupe de travail a été créé pour suivre l’avancement du programme d’exécution de ce projet.
– Construction de la 3ème la ligne de haute tension, d’une longueur de 400 km (Gradabani- Hrazdan) et d’une capacité de 330 kWh. Elle permettra le fonctionnement en parallèle des 2 réseaux. L’électricité sera produite par la centrale de Hrazdan.  D’un coût de 12 m USD, elle sera entièrement financée par la Géorgie.
– Accord sur la démarcation à la frontière commune.
– Unification des points de contrôle des douanes ; au lieu de passer 2 points de contrôle, les véhicules et passagers ne passent qu’un seul qui est géré par les 2 pays conjointement. Ceci réduit considérablement les temps d’attente pour traverser la frontière.
– Préparation d’un accord de coopération intergouvernemental dans le domaine des transports et communications : transport cargo, infrastructure, construction de routes, tarifs douaniers,…
– Programmes touristiques communs ; les touristes étrangers préfèrent visiter les 2 pays en un seul circuit.
– Mémorandum de coopération dans le domaine des réformes de la sécurité sociale ; échange d’expérience.
L’Arménie est intéressée par l’expérience géorgienne de mise en place de services sociaux à « guichet unique », système introduit en Géorgie il y a 4 ans.
Le mémorandum inclut aussi un chapitre concernant la protection sociale des citoyens arméniens qui travaillent en Géorgie.

La Géorgie est intéressée par l’expérience de l’Arménie dans le domaine de la réforme des retraites ;
– Accord entre les ministères de la Jeunesse et des Sports.
– Accord sur la protection et l’encouragement des investissements. C’est un accord de 10 ans qui peut être prolongé si aucune des parties ne le dénonce. Chaque partie prend l’engagement d’encourager et de créer les conditions favorables pour les investissements de l’autre partie.
– Développement des relations interparlementaires.

Les entreprises arméniennes en Géorgie et projet d’une union caucasienne.
En 2010, 103 entreprises arméniennes ont été enregistrées en Géorgie. C’est une tendance qui existe depuis plusieurs années et qui s’amplifie.

Il semble donc que la Géorgie soit devenue très attractives pour les hommes d’affaires arméniens qui transfèrent leurs activités vers ce pays : l’environnement des affaires y serait bien meilleur et les activités mieux protégées qu’en Arménie : plus d’opportunités d’affaires, moins de corruption et plus de transparence dans les procédures administratives (impôts).
Les investissements arméniens se font surtout dans le commerce et l’industrie touristique de la Mer Noire.

Mais la Géorgie est aussi intéressée par les récents progrès réalisés dans le domaine agricole en Arménie. D’autres projets sont aussi évoqués : la prospection de mines d’or dans la région de Guria (on s’attend à des investissements de 1 millions USD  par la « Georgian Resource Company »), la construction des centres commerciaux à Tbilissi et à Batoumi,…
Le Président géorgien Saakashvili voudrait créer une Union Caucasienne pour encourager la coopération régionale et pour contrebalancer l’influence russe dans la région. Mais un tel projet semble irréaliste pour le moment : les relations russo-géorgiennes sont gelées, la Russie est le partenaire commercial le plus important de l’Arménie et les questions bilatérales sensibles rendent la chose compliquée.

bilateral

Gérard Achdjian
APRICOT Group
Mise en relations d’affaires avec l’Arménie
www.apricotgroup.eu
* Pour des informations détaillées sur l’économie de l’Arménie, veuillez consulter le site  www.gab-ibn.com.