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L’agriculture arménienne : progrès et défis (2)

Dans le numéro de septembre nous avons développé quelques aspects macroéconomiques  et financiers de l’agriculture arménienne durant les premiers mois de 2015.

Cette deuxième partie de l’étude présente deux secteurs particulièrement importants : la production des graines et du blé, et celle des fruits et des légumes.  

Ces secteurs ont un caractère stratégique pour l’Arménie : la production de blé doit assurer un degré optimal d’approvisionnement de la population alors que les fruits et légumes représentent une partie non négligeable des exportations ; les revenus générés améliorent  le niveau de vie des agriculteurs et la balance commerciale du pays.

Deuxième partie : les productions de graines, de blé, de fruits et de légumes

1- La production des graines et du blé  

En 2014, l’Arménie avait augmenté son niveau d’autosuffisance céréalière à 51% contre 33% en  2010 grâce à l’amélioration de la productivité et à l’augmentation des superficies ensemencées.

Celles-ci ont représenté 189 000 hectares dont 111 000 consacrés à la cultures de blé et ont permis de récolter 590 000 tonnes de céréales dont 336 000 de blé.
Durant ces quatre années le rendement du blé par hectare a augmenté de 21,6 à 32,3 quintaux, conduisant à une augmentation des revenus des agriculteurs.

Pour l’année en cours les données publiées au 24 juillet permettent d’être optimiste puisque déjà 133 000 tonnes de blé et 22 000 tonnes d’orge avaient été récoltées dans les provinces d’Ararat et d’Armavir.

Ainsi, les programmes de développement mis en place ont donné de bons résultats jusqu’à présent et ceux de l’année en cours se situent dans le prolongement de cette dynamique.

Parmi les principales initiatives de l’Etat on peut citer :
a- la décision de développer la production de semences pour augmenter l’autosuffisance céréalière jusqu’à 70-72% à l’horizon 2020 (niveau stratégique nécessaire).
b- l’allocation d’une aide de 667,8 millions AMD à l’importation de semences de céréales de  Russie.

c- la fourniture de graines, d’engrais et de carburant aux fermiers à des prix abordables. Les semences sont vendues aux paysans à 50% du prix du marché.
Ainsi cette année, « le gouvernement a déjà fourni aux agriculteurs 2300 tonnes de semences d’orge, 300 tonnes de graines de luzerne, 30 tonnes de semences de maïs et 200 tonnes d’autres semences pour les semis de printemps », a déclaré le ministre de l’agriculture M. Sergo  Karapetyan,

d- le lancement de la deuxième phase du programme de création de coopératives ; il est financé par la Banque Mondiale et impliquera environ 100 communes ; la première phase avait porté sur 50 villages.

e- le prêt de 600 000 $ que le gouvernement  va accorder aux agriculteurs pour l’achat de semences de pomme de terre. Un accord d’importation de semences sera incessamment signé avec les Pays-Bas.
Ce prêt permettra d’accroître la production de pomme de terre dès cette année ; la moitié de la production supplémentaire sera utilisée comme semences et la partie restante sera exportée.
La production de pommes de terre actuelle est d’environ 730 000 tonnes alors que le potentiel  de l’Arménie se situe entre 800 000 et 900 000 tonnes.

Par ailleurs, dès cette année l’Arménie a la capacité de produire et d’exporter jusqu’à 10 000 tonnes métriques de semences de pommes de terres vers la Russie.
La qualité des pommes de terre d’Arménie n’est pas différente de celle des pays européens mais le prix est 2 fois moindre : environ 500 € la tonne alors que la Russie achète actuellement aux Pays Bas à un prix autour de 900/1000  € la tonne.

Il faut aussi souligner qu’en Arménie les semences sont cultivées à une altitude supérieure à 2000 mètres ce qui élimine les risques de maladie et réduit considérablement le besoin de pesticides.

Ces conditions favorables et le bas coût de production devraient permettre de gagner des marchés dans les pays de l’UEE.

2- La production et les exportations de fruits et légumes
Jusqu’à fin juillet 2015, 263 000 tonnes de légumes et 161 000 tonnes de fruits avaient été récoltées, dont 103 000 tonnes d’abricot, 68 000 tonnes de tomates, 76 000 tonnes de pommes de terre. Les récoltes de raisin devraient atteindre 295 000 tonnes.

Parallèlement, les exportations de fruits et de légumes ont bondi de plus de 70 % en volume : 46 456 tonnes contre 27 287 pour la même période de 2014.
En moyenne 300 à 500 tonnes ont été exportées quotidiennement alors qu’à certaines périodes les exportations d’abricot ont atteint 1 000 tonnes par jour.
La Russie représente le plus grand marché, mais il ne faut pas oublier ceux de Géorgie, de Belarus, du Kazakhstan, de la Pologne, des Emirats Arabes Unis, de la Suisse, de la Tchéquie, de la Norvège et du Koweït.

Ces quantité importantes d’exportation sont consécutives au niveau élevé des récoltes et à la simplification des procédures d’exportation vers l’Union Economique Eurasiatique. Ainsi, des petits producteurs ont pu exporter pour la première fois vers la Russie.
L’importance des exportations s’explique aussi par l’embargo russe sur les produits alimentaires en provenance de l’Ouest en représailles aux sanctions économiques occidentales.

Les achats des conserveries avaient atteint 22 000 tonnes (+4%) à la fin du mois de juillet alors que les achats de raisin prévus par la marque « Yérévan Brandy » devraient atteindre 35 000 tonnes malgré les difficultés actuelles d’exportation de brandy et d’autres boissons alcooliques.

En dépit de la forte dépréciation du rouble russe les revenus d’exportation sont stimulés et ont  des effets positifs sur les performances macroéconomiques ; ainsi le Produit Agricole Brut a progressé de 14,8% durant les 7 premiers mois de l’année à 328,4 milliards AMD ou 681 m USD.

En conséquence, selon les sources gouvernementales l’économie nationale continuera à enregistrer une croissance cette année encore  malgré les effets de contagion de la récession en Russie et les prévisions de croissance nulle du FMI.

4- Quelques exemples d’entreprises agricoles nouvellement créées

1) La production de fruits surgelés.
La société « Eco Fruit » est spécialisée dans la production d’abricots et de cerises surgelés. Elle prévoit d’exporter cette année 1000 tonnes d’abricots et environ 100 tonnes de cerises douces surgelés.
« Eco Fruit » s’est lancée aussi dans la production de fruits secs. Pour le moment son principal marché est la Russie, mais une diversification est possible à l’avenir.
La société, créée en 2013, a commencé ses activités 2015 ; elle dispose de  chambres de réfrigération de 2500 mètres cubes équipées des technologies les plus modernes.

2) La production de pacanes.
Un société libanaise, « Gardeni Lebanese Farms »,  a lancé un projet agricole de grande envergure en acquérant une superficie de 100 hectares à Yeghvard. dans la province de Kotayk.
Des arbre
s de noix de pécan (pacaniers) ont été plantés sur une superficie de 22 hectares et un système d’irrigation goutte à goutte a été installé.
L’homme d’affaires libanais,  Nicolas Abou Fayzal, a expliqué que ce type de noix est le plus demandé sur les marchés occidentaux et qu’il s’attend a en récolter 3 000 tonnes  dans quelques années. Toute la production sera exportée.

3) L’olivier est de retour en Arménie.
Selon la Bible, l’Arménie est le pays de l’olivier, mais celui-ci avait complètement disparu depuis longtemps.
Récemment, la société « Viva Fruit » a planté des oliveraies sur une superficie de 50 hectares près de Pakradachen, à la frontière entre l’Arménie et la Géorgie ; un autre champ d’une dizaine d’hectare se trouve également à Araxachen près de Meghri à l’extrême sud du pays et  produit près de 10 tonnes d’olives par an.

La quantité d’huile d’olive produite aujourd’hui est évidemment faible  ; elle est destinée avant tout au marché intérieur. L’Arménie importe la majeure partie de sa consommation d’huile.

Ainsi, en 2015 les récoltes et exportations de blé, de fruits et de légumes ont bénéficié de conditions météorologiques idéales et d’une conjoncture favorable même si sur fonds de crise internationale.

Cependant, la vigilance est de rigueur ; l’installation de stations anti-grêles dans toutes les régions du pays, la construction de serres, l’amélioration de l’infrastructure agroalimentaire d’une manière générale et la prospection de marchés internationaux restent indispensables.

La chronique du mois prochain portera sur le secteur vinicole, l’élevage et les produits agricole transformés.

Gérard Achdjian
APRICOT Group
Mise en relations d’affaires avec l’Arménie
www.apricotgroup.eu

Pour des informations détaillées sur l’économie de l’Arménie, veuillez consulter le site
www.gab-ibn.com