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Les relations Arménie-Union Européenne (I)

Les relations de l’Arménie avec l’Union Européenne (UE) peuvent être appréhendées sous plusieurs angles : échanges commerciaux, processus de rapprochement (marché unique, intégration), relations bilatérales de l’Arménie avec les partenaires européens. Cet article considère les 2 premiers aspects.

I- Les échanges commerciaux

Alors qu’à l’indépendance la part la plus importante du commerce extérieur de l’Arménie se faisait avec les partenaires de la CEI (ex URSS), la structure des échanges a très vite évolué durant les années 90 et la première décennie des années 2000. Actuellement, environ 46% des exportations sont destinées aux pays de l’UE et presque 30% des importations proviennent de cette région.

Les flux d’échange et leurs valeurs évoluent en fonction de nombreux paramètres : les exportations progressent faiblement ou marquent des reculs durant les périodes de crise (2008 et 2009), les importations augmentent fortement en période de croissance (entre 2003 et 2007) ; les prix internationaux des produits miniers (cuivre, molybdène, or,…) et les variations de taux de change influencent aussi fortement ces évolutions.

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Les partenaires les plus importants dans l’UE sont :  
– l’Allemagne : 11,6% et 11,9% de la valeur des exportations de l’Arménie en 2004 et 2011 (surtout produits miniers) et 5,5% et 5,9% de ses importations aux mêmes dates (surtout des machines et équipements) ;
– la Belgique : 15,1% et 5,2% de la valeur des exportations en 2006 et 2011 (diamants travaillés) et  8,1% et 1,6% des importations aux mêmes dates (diamants bruts).
D’autres pays de l’Union ont aussi des relations commerciales plus ou moins importantes selon les années. Par exemple :
– la Bulgarie : 0,7% et 11,5% de la valeur des exportations et 1,3% et 2,5% des importations aux mêmes dates,
– l’Italie : 4,0% et 0,3% des exportations, et 2,9% et 4,1% des importations,
– l’Espagne : 0,1% et 3,2%, et 0,3% et 1,0%
– les Pays-Bas : 2,9% et 8,8%, et 7,2% et 0,9%
– La France est surtout présente par de grandes entreprises (Saur, Orange,…) et de très nombreuses associations franco-arméniennes qui, même humanitaires, jouent un rôle économique non négligeable.

II-  Le processus de rapprochement et d’intégration à l’UE
Ce processus a commencé dès la désintégration de l’ex-URSS avec le  programme d’assistance technique TACIS et, plus tard,  l’Accord de Partenariat et de Coopération (APC) en 1999.

En juin 2004, le Conseil de l’UE a inclus le Sud-Caucase dans sa « Politique européenne de Voisinage » pour  « créer une zone de prospérité et de paix ». Les pays concernés sont l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie, la Belarus et l’Ukraine.
Cette politique prévoit des financements et des transferts de savoir-faire dans le domaine du fonctionnement de l’Etat. En plus, l’Union offre la perspective d’inclure les pays concernés dans l’espace de libre circulation qu’est l’UE.

Le coup d’envoi du Partenariat oriental a été donné en 2009 lors du sommet de Prague.  Il vise à créer les conditions nécessaires pour accélérer l’association politique et approfondir l’intégration économique entre l’Union européenne et les pays partenaires.
Le 2ème sommet, tenu à Varsovie en septembre 2011, a confirmé cette stratégie et a mis au point une feuille de route qui vise à fournir des orientations dans la perspective du prochain sommet prévu à l’automne 2013. Les objectifs peuvent se résumer en 4 points.

1- L’association politique et l’intégration économique :
En février 2012 des négociations ont commencé avec l’Arménie pour  la création d’une Zone de Libre Echange Approfondie et Complète. Elles avancent rapidement et devraient avoir bien progressé et aboutir d’ici l’automne 2013.

En juin 2012, le Conseil de l’Europe a mis aussi en place un Plan d’Action (pour 2012-2014) dont l’objectif est de permettre à l’Arménie de progresser dans les réformes judiciaires, la mise en place de la Convention Européenne des Droits de l’Homme,  la création d’institutions et de procédures démocratiques ; ces progrès devraient permettre une meilleure participation des principaux acteurs de la société civile dans les prises de décisions publiques.

2-  La mobilité accrue des citoyens :
Sur un autre plan, en mars 2012, l’UE a entamé avec l’Arménie des négociations portant sur l’assouplissement des formalités de visas ; mais un tel accord ne modifie en rien les conditions d’attribution.

Une fois signé, il donnera lieu à une simplification des documents à fournir, une baisse de la taxe perçue à 35€, une réduction de la période de traitement des dossiers ; des dérogations seront possibles pour certains citoyens qui pourront recevoir des visas à entrées multiples et d’une plus longue validité. Les personnes visées sont les journalistes, les étudiants, les personnes qui participent à des échanges culturels et sportifs, etc.
La signature de l’accord interviendra à la mi-décembre  2012, et  il sera mis en place durant le 1er semestre 2013.

Là aussi des accords devraient pouvoir être conclus d’ici à l’automne 2013. Leur mise en œuvre effective pourrait déboucher sur l’ouverture de négociations relatives à la libéralisation du régime des visas. Il faut signaler que l’Arménie a déjà libéralisé l’entrée des citoyens de l’UE en Arménie.

3- Le renforcement de la coopération sectorielle
L’UE facilitera la participation de l’Arménie aux travaux de ses agences et  à certains de ses programmes dans les domaines de la bonne gouvernance, de la démocratie, de l’énergie et de l’environnement.

4- Le renforcement de la coopération régionale
Les domaines concernés ici sont d’une part, la liberté, la justice et la sécurité, la gestion intégrée des frontières, la lutte contre la criminalité et le blanchiment de capitaux, la corruption, etc.

D’autre part l’accent est mis sur le développement régional, le développement agricole et rural ainsi que des programmes de développement régionaux pilotes.

Ainsi, mis à part le fait que l’UE est aujourd’hui le principal partenaire commercial de l’Arménie, elle se présente aussi comme sa zone d’encrage idéale en terme économique et dans les domaines de la justice, de la démocratie, de la gouvernance et des libertés civiques.
Il faut espérer que les dirigeants arméniens saisiront la perche tendue pour le progrès du pays et le bien être de sa population.

Gérard Achdjian
APRICOT Group
Mise en relations d’affaires avec l’Arménie
www.apricotgroup.eu

* Pour des informations détaillées sur l’économie de l’Arménie, veuillez consulter le site  www.gab-ibn.com.